Les 10 villages

Le Château de Rampemont

Le Caillou-qui-bique

La Chapelle Saint-Roch

Emile Verhaeren

Charles Bernier

Honnelles en 10 villages

Honnelles se compose de 10 villages plus charmants les uns que les autres. Découvrez leurs particularités et leurs trésors cachés : Angre/Angreau, Athis, Autreppe, Erquennes, Fayt-le-franc, Marchipont, Meaurain, Montignies-sur-roc, Onnezies, Roisin.

Angre / Angreau

Angre est un village de 600 hectares environ, arrosé par la Grande Honnelle et dont l'ancienneté est attestée par un camp préhistorique, des vestiges romains et d'une nécropole franque.

Seigneurie possédée par une famille dite " d'Angre " signalée dès le XIème siècle qui passa successivement aux comtes de Hainaut, aux familles de Beaufort, Henin-Liétard, Musars, de Solesmes, de Sars, de Roisin, de la Tramerie et de Sainte-Aldegonde.

Angre est le village rural par excellence. Il se caractérise aussi par une importante zone boisée - le " bois de Beaufort " - dans laquelle se trouve, géographiquement parlant, le célèbre Caillou-qui-Bique.

La confrontation géographique d'Angreau est exactement comme celle d’Angre.

L’étymologie qui vaut pour Angre va donc de soi : c’est le " petit Angre " ou " Angreau ". Une étymologie longuement confortée par le paysage géographique composé de prairies / prés dont l’origine germanique est " anger ".

La mention la plus ancienne que l’on trouve de cette localité est Angrellum en 1118, Angheriel en 1220, Angriaul en 1260, Angriau au XVème siècle.

Parmi le patrimoine culturel et religieux, on peut évoquer l’histoire de la ferme du Seigneur et de l’Eglise.

La ferme du Seigneur doit son nom aux différentes familles qui, pendant des siècles, ont possédé la ferme et de grandes étendues de champs aux environs et ont exercé leurs droits et privilèges de seigneur sur les habitants de leur domaine.

Angreau devient commune à partir de 1250.

Le domaine seigneurial d’Angreau passa dans le cours du XVème siècle aux de Grimberghe, aux Jauche-Mastaing, aux Roggendorf, aux de Bette ou de Beths et enfin aux de Croix de Clerfayt. Après la Révolution française, la famille de Talouet racheta l’héritage des Croix de Clerfayt. Depuis le 25 avril 1937, la ferme du seigneur est occupée par la famille Dejardin.

La ferme du seigneur est un important quadrilatère reconstruit au XIXème siècle. Le logis est doté d’une entrée principale basse avec montants harpés, portant un linteau droit surmonté de deux blasons.

Quant à l’Eglise, dédié à Saint-Amand, elle était dès 1139 à la collation du chapitre de Sainte-Croix de Cambrai. La partie supérieure de la tour est une ajoute postérieure ; elle porte le millésime 1598.

L’Eglise actuelle que l’on dit bâtie par les moines de Cambrai en 1778, est de style classique. La structure du clocher est unique dans la région

Promenade dans Angre :

  • Circuit des cavins
  • La topographie des cavins

    Athis

    Petit village d’une superficie de 263 hectares, dont les mentions les plus anciennes dateraient de 1018, 1185 : Astices.

    La Seigneurie d’Athis, à son origine, a appartenu à une famille qui portait son nom ; ensuite elle passa aux familles d’Aubricourt, de Luxembourg, d’Enghien, de Saint-Pol, de Bourgogne, de Clèves, de Hénin-Liétard, de Boussu, de Roisin, de Beusignies, Deletenre, de Reding, jusqu’à la révolution.

    Etendu à la perpendiculaire de la route reliant Dour à Bavay, ce village de quelque 600 habitants invite volontiers à la promenade tranquille. En partant de la rue de la Courbette, au lieu-dit " Le pied de vache " - point culminant (125 mètres) des Honnelles – on suivra le Petit Coron (fermes et chapelles domestiques) pour ensuite gagner, par la rue des Ecoles où une fresque enfantine célèbre Magritte, l’église Saint-Ursmer, petit joyau du XVème siècle au centre d’un écrin de verdure.

    A propos de l’église paroissiale Saint-Ursmer, nous pouvons affirmer qu’il s’agit d’un édifice gothique remanié qui comporte une tour occidentale romane avec remploi de moellons de grès équarris au début du XIIIème siècle.

    Une triple nef de trois travées sur colonnes à base octogonale et chapiteaux hennuyers du XVIème siècle. Le chœur, également du XVIème siècle, est construit en pierres appareillées dont la voûte à compartiments nervés en chêne est soutenu par des semelles de poutre en bois sculpté représentant des personnages : un rabbin, un prophète, un roi, Saint-Pierre, Saint-Jean l’évangéliste et un bouffon.

    Une église aux styles divers, marquée par les étapes de ses reconstructions à travers les âges, mais un modèle de rénovation contemporaine. L’église contient des pierres sépulcrales d’Athis du XVIIème siècle.

    Si le charme de l’église paraît évident, deux autres richesses touristiques du village sont, hélas négligées !

    A l’entrée de la rue du Grand Coron, en allant vers le bois de Rampemont, les murs hexagonaux de l’ancienne chapelle de la seigneurie du Ploych (XVème ou XVIème) menacent de ruines à votre droite … et au bout de la même rue, à gauche, la cascade du Ventaire joue les Arlésiennes : on l’entend, mais on ne la voit jamais !

    En effet, intégrée naguère dans le circuit d’une promenade et surplombée par un pont, cette superbe cascade est aujourd’hui entourée de propriétés privées, et donc non seulement inaccessible, mais encore carrément invisible …

    Promenade dans Athis

  • Circuit des vivier
  • La topographie des vivier

    Autreppe

    Concernant l’étymologie du mot "Autreppe" retenons celle, parmi les nombreuses solutions proposées, qui colle à la réalité du terrain : Alta Ripa ou hautes rives.

    Autreppe – centre administratif de la Commune de Honnelles – s’étire sur chaque rive de son sinueux ruisseau qui plonge dans la Honnelle proche.

    Bien avant que la tronçonneuse fût reine, ses maisons grises se pelotonnaient dans le giron de vergers féconds sillonnés par de charmants petits sentiers bordés d’aubépines, doux refuges pour les oiseaux.

    Autreppe est un village peu étendu géographiquement : 158 m² ou encore 3,9% de la superficie totale de l’entité de Honnelles. Le nombre d’habitants y est également restreint : +/- 250 habitants.

    Essentiellement agricoles, la majorité des terrains est occupée par les fermiers ce qui n’est même pas suffisant, leurs propriétés débordant vers Onnezies, Montignies, Gussignies, Fayt … Ils étaient 27 après la guère. On en dénombre à peine quelques petites unités aujourd'hui .. .

    Peu de bois : 7 ares, le " Bosquet à Corbeaux ", au bout du vieux Chemin des Morts, qui va à Onnezies, un village qui s’allonge tout en longueur le long des rives de son folâtre Ruisseau du Comte.

    Ce merveilleux cours d’eau, bordé de saules qui l’ombragent de leur chevelure, prend sa source en France, au-delà du Passe-tout-Outre, au lieu dit " Canarderie ", près du bois d’Audois. Cet endroit humide, à l’altitude 125, est le refuge des canards sauvages lors des migrations annuelles. Le ruisseau serpente dans le village où il creuse de plus en plus profondément son lit et décrit malicieusement ses méandres. Les vergers de plus en plus pentus, descendent vers ses berges ombragées. Après maints lacets capricieux, il fuit vers la Honnelle près de l’ancienne marbrerie Cordiez, à l’altitude 75

    Pour un petit territoire comme Autreppe, la nature des champs est très variée et était de qualité assez inégale, mais grâce aux amendements, et, à certains endroits, au drainage, on ne peut plus dire qu’il y ait grande différence.

    Autreppe fut, lui aussi, touché par l’Histoire : un cimetière franc fut découvert au " Champ des Combes ", en 1854, suite aux fouilles ordonnées par le Châtelain de Gussignies.

    En 1743, le dernier seigneur d’Autreppe – Onnezies et Angreau n’est autre que François-Sébastien-Charles-Joseph de Croix, Comte de Clerfayt, né au château de Bruille à Waudrez (Binche) en 1733, grand stratège qui s’illustra sur tous les champs de bataille (nous étions sous le régime autrichien). Il mourut à Vienne, le 18 juillet 1798.

    Une petite rue d’Autreppe, qui descend en forte pente vers le ruisseau et qui est prolongée sur l’autre berge par un sentier, s’appelle rue des Croix. On peut supposer que c’est en souvenir de Croix-Clerfayt. Quant au quartier " Le Petit-Quiévrain ", ce serait une seigneurie séparée de Quiévrain au XVIIème et XVIIIème siècles.

    Si vous quittez Autreppe pour Gussignies par le bois du Boutenier, vous pourrez voir au deuxième tournant, au coin de la prairie près du bois, une borne avec la gravure : N 1819. Les provinces belges étaient réunies aux Pays-Bas : Nederland (N).

    A la fusion des Communes, le 1er janvier 1977, la Maison communale d’Autreppe et la maison de l’instituteur de l’école communale y annexée, furent choisies pour abriter les locaux administratifs de la nouvelle entité de Honnelles, Autreppe occupant une position centrale dans le nouveau territoire.

    La Commune d’Autreppe fut toujours pauvre, celle-ci n’ayant bénéficié pratiquement d’aucune ressource. Ainsi elle eut son église, son école, ses routes correctes bien longtemps après les autres. Le village fut également longtemps isolé ; à l’Est, c’est la chaussée Brunehault qui forme la limite avec Fayt-le-Franc (milieu de la chaussée) ; la rue Chevauchoir qui traverse le bourg et qui relie Fayt à Roisin date de 1885, après la construction de la ligne de chemin de fer Bavay-Dour. On peut dire à ce propos que l’achèvement de la construction de la voie ferrée " Dour-Bavay " en 1882 donne à la gare située aux confins de Roisin-Autreppe un rôle essentiel. Certes pour le trafic des voyageurs – parmi lesquels Monsieur et Madame Verhaeren -, mais surtout pour le transport du marbre, l’or multiséculaire de la région aujourd’hui négligée.
    Notons encore que la rue Chevauchoir fut pavée en 1938, la route d’Onnezies bétonnée en 1955 et les routes intérieures asphaltées après 1970 ! Toujours la pauvreté.

    La seule petite industrie connue fut une fabrique de pâte de pommes au Passe-tout-Outre. Dans le passé, les Autreppois étaient des ouvriers carriers, tailleurs de pierres et marbriers, durs travailleurs, pauvres, exploités par la caste des propriétaires. Fin du XVIIIème siècle, Autreppe avait sa carrière dite du Moulin de la Cloye, transformée aujourd’hui en étang privé situé dans le fond du village, à gauche, avant le chemin qui conduit à Meaurain.

    Promenade dans Autreppe

  • Circuit des ponts
  • La topographie des ponts

    Erquennes

    Situés à l’extrémité orientale de l’entité honnelloise, les 410 hectares d’Erquennes se caractérisent par une toponymie fertile en allusions à l’omniprésence passée de la religion catholique en ce milieu rural.

    Ce petit village comportait deux seigneuries. L’une appartenait à l’abbaye de Saint-Ghislain, l’autre passa successivement aux familles de Biévène, Gastellois, Goegnies, Raul, Aupaix et Demanet.

    Du carrefour de la Croix des Muets à la champêtre chapelle Saint-Ghislain, on remarque la rue " Derrière l’église ", la rue de la "Grosse croix" et même l’arbre du petit bon Dieu !

    Quant à l’église, elle n’est pas plus bavarde que ses consœurs environnantes, ses archives sont très rares.

    On apprendra que l’autel de ce village fut donné à l’abbaye Saint-Ghislain par Odon, Evêque de Cambrai en 1110.

    L’aquarelle que nous laisse le peintre valenciennois de Montigny dans les albums de Croÿ, est très précieuse, car neuf ans plus tard, l’église sera détruite en partie par la mémorable tempête du lundi de Pâques de 1606 qui sévit sur la région.

    Aujourd’hui encore, nous pouvons, grâce à la diversité des matériaux, reconstituer les phases successives de reconstructions. Ainsi, le chœur épaulé par deux sacristies, la nerf principale de trois travées et la base de la tour en moellons gothiques datent de la fin du XVIème siècle. Les deux étages de la tour édifiés en briques et pierres datent du début de XVIIème siècle. Les deux collatéraux construits en moellons, appareillés en briques, furent rehaussés, percés de nouvelles fenêtres.

    Retenez aussi que si la chrétienté a multiplié à Erquennes les traces toponymiques de sa puissance médiévale, c’est sans doute parce que, vers les XIème et XIIème siècles, le village fut à l’origine d’incessantes rivalités entre les seigneurs laïcs de la région et les abbayes de Saint-Ghislain d’une part, et de Crespin de l’autre. Et l’on doit à l’objectivité de dire que les causes de ces litiges interminables étaient rigoureusement de nature matérielle, à savoir le lucratif prélèvement de l’impôt !

    Mais le caractère frontalier de ce coin de Haut-Pays a aussi façonné l’histoire de l’endroit. Ici, jusqu’à la récente " libre circulation des biens et des personnes ", un important poste de douane animait la vie quotidienne. Implanté au lieu dit " Rat d’Eau ", il est aujourd’hui transformé en friterie et symbolise ainsi parfaitement notre belgitude. De l’autre côté de la chaussée, un café existe depuis … la nuit des temps ! On n’y rencontre certes plus de douaniers, mais l’ambiance n’a guère faibli … surtout au soir de l’annuel Grand Prix cycliste, première course cycliste de la saison en terre wallonne !

    Signalons encore qu’Erquennes recèle un trésor rare parce que largement disparu ailleurs : les vieux pavés de la rue Longue. Maudits par les uns, vénérés par les autres, ils restent un témoignage indiscutable d’un passé révolu.

    Enfin, nous nous en voudrions de terminer cette présentation d’Erquennes sans parler du " Village-Etoiles ".

    En effet, chaque année, de début décembre à la fin janvier, ce minuscule village des Honnelles se transforme en quartier général de la Nativité. C'est bien simple : durant ce laps de temps, les 500 âmes du charmant patelin sont multipliées par dix ! Il n'est pas rare, le soir, de croiser des dizaines et des dizaines de touristes, l'appareil photo ou le caméscope à la main, sillonnant, à pied ou en voiture, les rues d'Erquennes richement décorées.

    Cette spectaculaire métamorphose s'opère systématiquement dans le cadre d'un concours imané en 1992 par le comité des fêtes du village et baptisé Erquennes, village étoiles musical. Au départ, on ne dénombrait qu'une quinzaine de façades décorées. Mais, au fil des ans, cela n'a cessé d'augmenter. L'on pense même avoir, au cours de l’opération de 1998, franchi la cap des 100.000 visiteurs … les reportages effectués par diverses télévisions belges et étrangères (France 3) n’y sont certainement pas étranger.

    Promenade dans Erquennes

  • Circuit des Muets
  • La topographie des Muets

    Fayt-le-Franc

    Les deux noms de ce village doivent être analysés séparément.

    D’une part, le mot franc qui signifie de condition libre ; liberté de certaines servitudes ; exempt de charges, taxes, impositions ". Quant à l’origine de l’adjectif qui l’accompagne, depuis le XVIème siècle, le nom de Fayt : qui est lui-même antérieur.

    Si la cause objective de cet affranchissement fait problème, une triste légende en propose une explication poétique. Pour échapper au sinistre droit de cuissage par le seigneur des lieux, une jeune paysanne promise à un brave meunier se trancha la gorge avant sa nuit. Effondré, le seigneur fit pénitence en participant à une croisade en terre sainte et, à son retour, affranchit ses serfs et renoncèrent à leurs futures épouses.

    Indiscutable par contre est l’existence, à l’écart du village, de la ferme de Rampemont, parfois appelée " ferme-château ". Située à l’orée du bois de Rampemont, cette ferme fortifiée, vaste quadrilatère, siège de l’importante seigneurie du même nom, mentionnée depuis le début du XIème siècle.

    En 1253, le chevalier Alexandre de Rampemont est cité dans le premier document retrouvé. Rampemont était le fief relevant des Comtes de Hainaut et de l’Ordre du Temple. Quelques dates importantes jalonnent des lieux :

    En 1382, Bernard de Rampemont vend une partie de sa seigneurie située sur Onnezies

    En 1483, Baudry, seigneur de Roisin vend Rampemont à Mathieu Ghoret, membre du Conseil Ordinaire du Hainaut. Son fils Pierre fut Echevin à Mons à de nombreuses reprises et délégué aux Etats Généraux.

    Jeanne Ghoret, fille de Pierre, apporta en 1515 le domaine à son mari, Jean de Fives, maire de Mons de 1519 à 1560 et receveur général du chapitre Sainte-Waudru.

    En 1559, nous trouvons Jeanne de Fives, épouse de Thierry I du Mont, qui fut conseiller de l’empereur Charles Quin.

    En 1569, Philippe I du Mont, échevin à Mons à 17 reprises, fut également maître d’artillerie à Mons et avait la surveillance des fortifications.

    En 1677, Anne-Philippe du Mont reprenant l’exploitation connaît beaucoup de difficultés dues aux guerres de succession d’Espagne qui occasionnaient batailles, pillages et dégâts dans cette zone frontière (pensons à Malplaquet).

    En 1743, le Baron Del Nero, florentin, hérite de sa tante Anne-Philippe du Mont.

    En 1780, Charles-Louis-Ghislain de Waziers, seigneur de Montignies-sur-Roc acquit du domaine de Rampemont aux prix de 66.033 florins.

    Par sa succession, en deviennent propriétaires les de Behaut de Warelles, les Wauters de Besterfeld.

    Enfin, Jean Wauters de Besterfeld vend les bâtiments et une partie des terres à Joseph Beheyt en 1984.

    Et en 1992, Beheyt vend les bâtiments à Monsieur et Madame Schneider. Ceux-ci, tombés amoureux de Rampemont, s’emploient à restaurer l’ensemble pour redonner une raison d’exister aux vastes bâtiments.

    Les résultats sont déjà très encourageants après seulement quelques années et nous pouvons être heureux que ce magnifique domaine soit tombé en de si nobles mains.

    On se plaît à regretter que de belles propriétés de notre région ne soient pas rachetées par des gens aussi respectueux du passé ...

    Vous aurez certainement l’occasion de venir à Rampemont lors des nombreuses manifestations organisées par les charmants propriétaires des lieux : marchés de Noël, animations pascales, jeux anciens, marchés aux livres, BD, cartes postales, soirées théâtrales, musicales, repas avec produits du terroir, conférences, visites des lieux, promenades vers l’étang et ses hôtes, flâneries dans la nature, dégustations de bières artisanales, …

    Le porche imposant de cette bâtisse est protégé par deux tours défensives et conserve les vestiges du mécanisme permettant de baisser et relever le pont-levis. Le fossé rempli d’eau ou ce qu’il en restait aurait été seulement comblé dans les années cinquante. Les murs en grès ferrugineux de Montignies-sur-Roc sont peu ouverts vers l’extérieur, à part quelques meurtrières.

    Enfin, pour les passionnés de sectes et de mystères, soulignons que Rampemont releva jadis de la Commanderie Templière (Ordre Souverain de Malte) siégeant à Piéton.

    Néanmoins, l’Histoire de ce bourg de près de 300 hectares ne s’arrête pas là. En effet, sur la place du village, un tilleul (bicentenaire) aurait été planté par le Général Dumouriez, le vainqueur des batailles de Valmy et de Jemappes.

    L’Eglise paroissiale Saint-Nicolas, entretient, elle aussi depuis des siècles, un passé semé d’embûches. Ainsi, entouré de son cimetière clôturé dans lequel repose Antoine Richard, un soldat de Napoléon 1er, cet édifice en pierres et briques de style classique fut reconstruit après l’incendie de 1787. La reconstruction sera lente ; les habitants attendront 1834 pour entendre à nouveau sonner l’angélus et l’appel aux offices. Les autels latéraux portent le monogramme 1918 et l’autel majeur celui de 1928. L’édifice antérieur avait été consacré en 1458.

    Il est vrai, également, que la France toute proche a régulièrement influencé la vie faytoise : le ruisseau du Bracquemart, frontière discrète, fut plus d’une fois traversé par des générations de contrebandiers. Un gué oublié rappelle que les fraudeurs d’hier n’avaient pas peur de se mouiller …

    Dans la cour de l’ancienne école communale, un hêtre a été planté, en 1930, pour commémorer le centenaire de notre pays : décidément, une symbolique des arbres d’autant plus judicieuse que le nom de " Fayt " viendrait du latin " fagus ", désignant … un hêtre

    Promenade dans Fayt-le-Franc

  • Circuit du Croquet
  • La topographie du Croquet

    Marchipont

    Etymologiquement parlant, selon l’historien Paul François, on remarque d’abord le suffixe " pont " qui veut dire que le village a occupé une situation stratégique, sans doute sur " le grand chemin " qui reliait Mons à Valenciennes. Ce pont a été détruit par les Français au moment de la bataille de Malplaquet en septembre 1709.

    Mais dans Marchipont, on trouve aussi le suffixe " marche ". Ce serait donc le pont de la marche, non pas le sport, mais la limite d’un pays. Cette " marche " serait une des quatre créée par l’Empereur Othon 1er pour défendre l’Empire contre la Flandre (déjà !) du puissant marquis Arnould 1er. Mais pour Paul François, cette origine serait contestable et il penche pour une solution plus " prosaïque " comme " Mauritson-Pontem ", soit le " Pont de Maurice ".

    Aujourd’hui, le nom de ce village lilliputien est automatiquement associé à celui du Roseau Vert, qui réalise depuis 1967, un remarquable travail de prise en charge des moins valides.

    L’existence de ce bourg est attestée – sous des formes diverses – dans des documents très anciens (XIème siècle), ce qui démontre que petitesse et longévité peuvent tout à fait faire bon ménage.

    Terre perdue entre Angre et Quiévrain, suspendue entre France et Belgique, oubliée à l’extrême nord-ouest des Honnelles, Marchipont fut même, dès ses origines, le repaire idéal des contrebandiers. Il est vrai que l’entité de Honnelles a, avec la France, une frontière commune longue de plusieurs dizaines de kilomètres. Et cette frontière a été jusqu’il y a peu, le champ clos des affrontements entre douaniers et fraudeurs.

    De part et d’autre, les ruses étaient très élaborées et quand rencontre il y avait, elle pouvait se terminer de façon dramatique. Il faut dire que les enjeux n’étaient pas minces ...

    Aujourd’hui, les douanes ont été effacées et la fraude n’a plus l’attrait de l’interdit. Certains en viennent maintenant à regretter les douaniers qui assuraient par leur présence constante sur le terrain une excellente surveillance qui sécurisait. Aujourd’hui, les éleveurs déplorent leur absence. Avec eux, il y avait un peu moins de bétail volé. Les voleurs n’ont pour ainsi dire plus à craindre d’embuscade dans un chemin isolé …

    Mais, fermons cette parenthèse et revenons-en à notre chère localité qu'est celle de Marchipont. Ce village possède quelques particularités intéressantes. On est d’abord frappé par la modestie de l’ancienne Maison communale : deux fenêtres, une porte et une seule pièce ! Il est vrai qu’elle ne devait, à l'époque - avant fusion -, abriter qu’un Bourgmestre, deux Echevins et trois Conseillers communaux.

    L’église n’est pas bien grande non plus, mais qu’elle est mignonne avec son accord parfait entre ses toits en ardoises et sa maçonnerie de briques et de pierres. Détruite plusieurs fois au cours des guerres, elle fut reconstruite en 1718 par deux entrepreneurs d’Angre, Antoine Baudour et Pierre Denis. Et puis, comme pour Goegnies-Chaussée, elle a la particularité d’être située en France depuis la rectification de la frontière de 1779. La rivière "l’Aunelle" dont les crues étaient redoutées fut prise comme limite suivant le traité des limites, entre l’impératrice Marie-Thérèse et la France(Bruxelles, le 18 novembre 1779). Du coup, l’église qui se trouve à quelques mètres, dépend du diocèse de Cambrai ! Quatre maisons se situent aussi sur le territoire de la République.

    Sur un des murs de l’édifice religieux, les curieux pourront trouver une plaque commémorant un certain Thoma Vital, regretté par tout le village bien qu’il fut … receveur des douanes. La rancune s’efface lorsque la convivialité triomphe.

    La dîme de Marchipont appartenait conjointement au Curé et au Chapitre de Cambrai. En 1942, l’église de Marchipont sur le territoire de Rombies (France) depuis 1780 passa de l’Archevêché de Cambrai à l’Evêché de Tournai. Marchipont alors dépendant de la paroisse d’Angre. L’abbé POLLET en était le Chapelain.

    L’ancien cimetière entoure toujours l’église où sont inhumés les paroissiens français, tandis qu’un autre cimetière s’étend actuellement sur le territoire belge.

    Promenade dans Marchipont

  • Circuit de Marchipont
  • La topographie de Marchipont

    Roisin - Meaurain

    Ses 1200 hectares couvrent plus d’un quart de la superficie totale de l’entité. C’est dire de l’importance géographique de l’entité et du nombre d’habitants qu’abrite le village de Roisin (prés de un sur quatre).

    Historiquement parlant, on pense que les Romains ont très tôt occupé le territoire, de nombreux vestiges romains ayant été trouvés dans le sol de ce bourg situé à proximité de deux grands axes routiers de l’époque, la Chaussée Brunehault et le Chemin de Saint-Ghislain au Quesnoy. Ils ont en tout cas donné au lieu son nom " Racemus " qui désignait une grappe de raisins. Même si, par la suite, plusieurs graphies se sont succédées (de Resin à Roizin en passant par Resenium), l’allusion aux fruits de la vigne reste évidente.

    Roisin et Meaurain étaient autrefois deux villages distincts, mais ayant les mêmes administrateurs ; sous le rapport religieux, Roisin était au XIIème siècle une annexe de l’autel de Meaurain.

    Si, dès le Xème siècle, Roisin constitue une des 44 baronneries du Hainaut, ce village n’a guère conservé de vestiges d’une époque aussi lointaine. Certes, divers châteaux occupèrent une place stratégique au carrefour des routes courant du Quesnoy à Saint-Ghislain et de Bavay à Valenciennes, mais ils furent successivement détruits. Seuls des bâtiments d’un édifice du 16ème/17ème siècle s’élèvent encore à deux pas des bien-nommés " Etangs … du château.

    Pour le reste, c’est dans l’Eglise Saint brice (reconstruite en 1842) qu’on retrouva le musée de la vie raisinoise : d’une part, une chapelle sépulcrale abritant un splendide couple de gisants figés dans le marbre, d’autre part, un intéressant autel dédié à Saint-Ghislain, le protecteur des femmes enceintes et des nouveaux-nés.

    Mais le nom de Roisin est associé à quelques autres personnages. Le premier est évidemment Emile Verhaeren.

    Emile Verhaeren descendit début août 1899, à 16 heures, au Village d’Angreau du tortillard à vapeur qui sillonnait nos campagnes depuis la gare internationale de Quiévrain par Baisieux, Angre, Angreau et Roisin. Sachez que ce n’est pas à la gare SNCB d’Autreppe-Roisin qu’il arrivera la première fois.

    Il préfère les promenades en plaine et c’est donc souvent par Angreau qu’il embarquera lorsqu’il part en voyage. Il n’aimait guère le bois et le vallon. " J’y étouffe, confiait-il à ses amis, je m’y sens comme oppressé, car je n’ai jamais pu supporter bien longtemps les paysages bouchés où la vue ne s’étend qu’à une portée de fusil ".

    Verhaeren fera, bien sûr, des exceptions ; ainsi en août 1904, il écrit à Stefan Zweig qu’il l’attendra à l’aubette d’Angreau, dans le bois de Beaufort, à 11 heures. Il lui décrit son itinéraire ; 08 heures 57’ gare du Midi à Bruxelles – Mons – Dour. Il existe d’ailleurs une photo où l’on voit Léon Laurent, propriétaire de la crémerie, et Verhaeren sur le quai d’Angreau.

    En ce début août 1899, le poète était accompagné de sa femme et de leur très fidèle amie Mademoiselle Emilie Nysten (1863-1944), régente de l’Ecole Normale de Liège qui traduisait les lettres et articles que Verhaeren recevait de ses divers correspondants allemands. Madame Anna Rodenbach, née à Frameries, épouse de Georges Urbain, romancier, auteur de Bruges-la-Morte, décédé l’année d’avant, les attend avec son fils.

    Rodenbach et Verhaeren, nés l’un et l’autre en 1855, étaient très intimement liés depuis leurs études. Mais Georges meurt en 1898 laissant sa veuve en proie à un chagrin immense. Ses médecins lui prescrivent un repos dans le calme, loin de Paris. Sa famille de Frameries lui dénicha la ferme des Laurent au site du Caillou-qui-Bique, une bâtisse noyée dans les taillis où les promeneurs de la région avaient l’habitude de manger les excellents repas préparés par Madame Laurent.

    Deux événements majeurs ont attiré les regards vers le Caillou.

    1882 : l’achèvement de la ligne de chemin de fer Dour-Cambrai

    1885 : la grotte d’Angre, découverte en 1883, rendue accessible au public grâce aux efforts de Théodore Bernier d’Angre, le père de Charles.

    Théodore fit éditer une brochure où il décrivait les attractions touristiques de la contrée. Il exagérait un peu, mais c’était un fonceur et ce sont des tempéraments comme lui qu’il faut dans notre cher Haut-Pays.

    C'est donc en 1899, Monsieur et Madame Verhaeren viennent en visite chez leur amie Madame Rodenbach. Ils ne savaient évidemment pas qu’ils reviendraient au Caillou-qui-Bique pendant quinze années, jusqu’en 1914. Le charme de cette belle contrée avait agit ...

    Chaque printemps, fin d’été et automne, ils s’installèrent dans la maisonnette que Monsieur Léon Laurent leur avait aménagée. Pourquoi pas en juin ou en juillet ? Tout simplement, parce que ce brave Verhaeren souffrait du rhume des foins ...

    Le poète, dans ce havre de paix, va vivre des moments heureux faits d’écriture, de promenades, de rencontres.

    Verhaeren se mêlait volontiers aux événements locaux : un enterrement, une fête à Sebourg, une soirée dramatique. Le 09 août 1908, il présida une manifestation en l’honneur de Charles Bernier à Angre. Verhaeren était un homme simple, bon et honnête. Dans le monde marginal des artistes, il est un bel exemple d’humanité.

    Terminons de brosser le portait de ce village sur une note beaucoup moins joviale : parlons du tristement célèbre bandit Antoine Joseph Moneuse, chef d’une bande de " chauffeurs du Nord ", expression ne désignant pas des routiers bien sympathiques, mais bien d’authentiques voyous qui brûlaient les pieds de leurs victimes pour faire avouer d’hypothétiques caches de trésors … Le nom de Moneuse, riche en légendes, reste synonyme, à tort ou à raison, du massacre de la Sainte-Cécile – il y a deux siècle -, dans l’auberge de la Houlette : neuf victimes adultes et enfants, et une foule de questions sans réponses).

    Enfin, lorsqu’on évoque aussi le nom de Roisin, on ne peut oublier celui de Meaurain, le hameau dans lequel il s'entretient depuis des siècles une relation d’amour parfois orageuse.

    C’est que, jusqu’au milieu du Moyen-Age, Roisin dépendait de Meaurain. Puis, la relation s’inverse, Meaurain perd son autonomie, mais pas son identité ! Aujourd’hui encore, ponctuellement, quelques querelles de clochers opposent parfois, pacifiquement les uns et les autres. A propos de clocher, soulignons que celui de Meaurain, gracile, abrite cependant un triptyque datant probablement du XVème siècle, sauvé de la destruction inévitable d’un édifice religieux plus ancien, consécutive aux ravages de 1789 …

    Promenade dans Roisin

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    Montignies-sur-Roc

    Que les quelque 550 valeureux Montagnards nous le pardonnent, mais la constatation s’impose : le nom de leur village n’est guère original. En effet, la toponymie relève plusieurs dizaines de bourgs ou de lieux-dits découlant en droite ligne du latin " mons, montis " désignant une importante élévation de terrain. Mais à l’évidence, ici, ce nom est bien porté !

    Lorsque l’on quitte la Chaussée Brunehault pour gagner le centre du village, l’élévation de terrain s’impose immédiatement au visiteur !

    Quant au " Roc " qui complète l’appellation du site, il est partout présent dans le sous sol et dans les … lieux-dits : ruelle du Plat Caillou, la Roquette, le Haut et le Bas des Rocs, le Roctiau !

    Il ne faut pas oublier que nous sommes ici à deux pas de la Vallée du Marbre où rivières et ruisseaux abusent, depuis la nuit des temps, de leur pouvoir d’érosion.

    Dans un village vieux d’une bonne dizaine de siècles, on se doute que le patrimoine local est aussi riche que diversifié. On retrouve, comme dans les autres sites de l’entité de Honnelles, les inévitables témoignages du passé religieux.

    L’Eglise " Notre Dame " (cette appellation de la Vierge compléta le nom de Montignies jusqu’au XVIIIème siècle) et sa petite grotte artificielle, le Calvaire du XVIIIème siècle, la Chapelle du Rosaire (1856), le vieux cimetière et sa Chapelle Notre Dame de Cambrai (1589), sans doute implorée pour éviter de commettre des bêtises … dans une commune qui compta une cinquantaine d’estaminets au milieu du siècle dernier !

    Justement, à propos de l’Eglise de Montignies-sur-Roc, l’autel de Montignies (Montenneio) fut donné en bénéfice au Chapitre de Cambrai par l’Evêque Liebert en 1057. Elle est dédiée à la Sainte Vierge Marie, la patronne du diocèse de Cambrai étant Notre-Dame de Grâce.

    Comme la plupart des édifices religieux de notre région, elle a subi des destructions et de nombreuses restaurations.

    Sur la plan ecclésiastique, Audregnies était desservi par le Curé de Montignies (la cense du chapitre de Cambrai se trouvait sur le territoire d’Audregnies, voilà sans doute une explication de la graphie " Montegny les Audregnies (1469) ".

    Au bas de la nef, à droite se trouvent trois épitaphes des curés de Montignies-sur-Roc et Audregnies. Le monument le plus intéressant que renferme l’Eglise de Montignies-sur-Roc est celui qui fut élevé à la mémoire de Louis Wazier-Wavrin, seigneur de Montignies, avant la révolution française.

    C’est une belle pierre en marbre noir, surmontée des armoiries en marbre blanc des familles de Wazier et de Rodoan.

    De chaque côté du cœur, se trouvent, appendus, les obits des familles de Wazier-Wavrin, des marquis et comtesses de Belleville et de la famille de la Motte Baraffe.

    Le vieux cimetière entourait l’Eglise, il fut désaffecté en 1881 et aménagé en site religieux, la grotte Notre-Dame de Lourdes (1947) et la grande Croix de béton (1949), sont venues compléter ce lieu de recueillement.

    Mais d’autres monuments méritent l’attention des promeneurs : le château de la Motte Baraffe. Ce n’est qu’au XVIème siècle, vers 1530 que l’on retrouve les traces d’un personnage nommé Baudry, seigneur de Roisin et de Montignies-sur-Roc, qui fut vraisemblablement le bâtisseur du premier château-fort.

    Il s’agit de Baudry XVIII baron de Roisin, seigneur d’Angre, de Meaurain, de la Flamengrie, de Melen, d’Onnezies et de Montignies-sur-Roc (depuis 1530/34) – Décéda avant 1544 – Epousa en 1514, Madeleine de Montmorency qui fut marraine de la grosse cloche d’Onnezies en 1539, cloche refondue en 1884.

    La Maison de Roisin passa à la Maison de Tramerie. François de la Tramerie vend la seigneurie de Montignies-sur-Roc en 1611 et décède en 1612. Ce domaine fut acquis par la Maison Mainsent qui s’y maintiendra jusqu’en 1685, année où le domaine passe à Louis-Charles de Wazier-Wavrin qui livre à la démolition le vieux château ; depuis lors il ne fut plus jamais vendu.

    La fille aînée de Charles—Louis et de Claire-Louise de Rodoan, Alexandrine, s’unit en 1791 à Ernest, comte de Chastel de la Howardries. De ce mariage naquit une fille Virginie qui s’allia, en 1811, à Denis de la Motte Baraffe de Bourquembray.

    Depuis lors, la seigneurie de Montignies-sur-Roc est toujours restée propriété de cette très ancienne famille originaire de l’Artois.

    Le château fut aménagé en " folie " à l’initiative d’Alexandrine, mais Virginie est responsable de la sobriété de la décoration intérieure.

    Alain, baron de la Motte Baraffe, repris le domaine au décès de son oncle Robert et est l’actuel propriétaire du château de Montignies-sur-Roc.

    Citons encore à propos du patrimoine " Montagnard " quelques remarquables demeures aux alentours de la verdoyante Place Fulgence Masson, le Ministre de la Justice. A propos de cet homme, disons simplement qu’il était particulièrement amoureux de Montignies-sur-Roc. Il finança d’ailleurs de ses propres deniers de nombreuses plantations d’arbres dans l’entité. de même, à la chaussée Brunehault, une double haie de cerisiers du Japon qui sont une merveille au printemps. On lui doit aussi les splendides arbres de la Roquette à Onnezies et sur la Grand Place.

    Il reste encore d’autres particularités montagnardes, parfois méconnues, souvent négligées. Nous voulons parler des vieux escaliers qui relient deux endroits distincts, la bas et le haut du village. Les uns, dégradés, montent de la Roquette vers la rue Goutrielle. Les autres, glissants et mal entretenus, descendent du Haut vers le Bas des Rocs.

    A fortiori, quand on connaît la beauté du petit hameau montagnard niché dans ce qu’on appelait, jadis " les pâtures d’en-bas ". Là, l’ancien moulin à eau de la famille Gilmant (érigé en 1758) dort le long de la rivière qu’il domestiqua jusqu’en 1972. Plus loin, une ultime marbrerie perpétue une tradition séculaire.

    Enfin, nous ne pouvons clôturer cette analyse quelque peu synoptique de notre charmant village de Montignies-sur-Roc, sans évoquer le nom de la Comtesse de Belleville, famille française s’étant impliqué dans la Résistance.

    Jeanne de Belleville est née à Bruxelles le premier janvier 1867. Trente ans plus tard, la famille vint s’installer à Montignies-sur-Roc, tout en conservant d’étroits liens avec la France.

    Elle acheta cependant le " château " qu’elle louait à des amis en septembre 1911. En août 1914, lors de l’invasion allemande, des batailles de Mons et d’Audregnies, Jeanne de Belleville s’occupa des blessés à l’hôpital militaire installé à Audregnies chez les Bernardines.

    Elle y soigna 180 blessés anglais jusqu’en novembre 1914.

    Mais, cette bataille de Mons, perdue par les Anglais et qui permit la victoire de la Marne, avait laissé par mal d’Anglais derrière les lignes.

    Risquant d’être fait prisonnier par les Allemands, ils étaient cachés par de nombreux civils.En conséquence, il fallait créer un réseau d’évasion qui allait les remonter vers la France et de la Belgique pour leur faire passer la frontière hollandaise.

    A Bruxelles, Jeanne de Belleville entra en contact avec l’abbé Aubert de Longueville. Comme elle habitait à deux pas de la frontière française, elle se proposa d’établir une filière en relation avec le château du Prince Réginald de Croy à Bellignies, en France.

    Les passages commencèrent au péril de ceux qui les risquaient. Il fallait notamment traverser une vaste zone garnie de barbelés et surveillée par les Allemands. Bien sûr, les soldats anglais désireux de retrouver leur pays étaient munis de faux papiers.

    Ce manège dura jusqu’en août 1915. Jeanne de Belleville fut arrêtée non loin de son domicile de Montignies-sur-Roc par les Allemands.

    Après une perquisition qui ne donna rien, ils lui expliquèrent qu’ils voulaient la conduire à Bruxelles et qu’elle devait se munir de quelques effets.

    En fait, Jeanne de Belleville était bien prisonnière et subit de " vigoureux " interrogatoires. Le 7 octobre, elle était condamnée à mort avec d’autres membres du réseau de Miss Cavell : Edith Cavell, bien sûr, mais aussi Louise Theulliez, Philippe Baucq et Séverin.

    Edith Cavell et Philippe Baucq furent exécutés le 12 octobre. Suite aux interventions scandalisées de l’Espagne, du Vatican et des USA, l’Allemagne consentit à commuer les peines de mort de Jeanne de Belleville, de Louis Theulliez et de Séverin en travaux forcés à perpétuité. Ils furent immédiatement transférés de Bruxelles au camp de Sieburg près de Bonn. Ce sont les révolutionnaires allemands qui les libérèrent le 08 novembre 1918.

    A la fin de la guerre, Jeanne de Belleville reçut de nombreuses distinctions honorifiques belges, mais aussi françaises (la Légion d’Honneur) et britannique. Elle mourut à Compiègne, le 09 janvier 1953 à l’âge de 86 ans.

    Voilà pourquoi une rue de Montignies-sur-Roc porte le nom de Comtesse de Belleville …

    Enfin, ne quittez pas Montignies-sur-Roc sans emprunter la rustique ruelle du Plat Caillou et la très vieille rue du Coron grimpant vers Brunehault, la gallo-romaine où s’activent les artisans des " plaisirs de bouche " (brasserie, confiserie et produits fermiers).

    Montignies ? Un nom banal, pareil à des dizaines d’autres. Mais celle qu’on appela très tôt la " perle du Haut-Pays " recèle des trésors d’originalité. Tous méritent assurément d’être mieux protégés. Et donc plus soigneusement conservés ! Et enfin, plus justement appréciés !

    Onnezies

    Ne vous étonnez pas entendre dire, à propos de ce village de 430 hectares, qu’il s’agit " du pays des Leûs". C’est parce que, ici comme ailleurs, cet animal a alimenté bien des légendes …

    Le nom d’Onnezies n’est pas un nom facile à écrire ! On le trouve d’ailleurs souvent avec une faute.

    Il n’est pas étonnant que le nom du bourg ait évolué, comme partout ailleurs : Onezies, Onnezie, Donnezy et, en 1630, apparaît la graphie Onnezies (enfin !).

    Et les habitants, comment s’appellent-ils ? Pas facile. Avec Angre, on fait des Angrois : avec Baisieux, des Basigomiens (nettement plus compliqué), mais avec Onnezies ?

    Depuis le siècle passé, on parle des " Leux " avec " x " ; c’est plus convenable. Sinon, ce serait loup, animal ombrageux, rôdant dans l’ombre autour des villages. La Fontaine ne lui a pas donné bonne réputation.

    On disait hier : " Tu passes à Onnezies, tu n’as vu personne et tout le monde t’a vu ! " Les autres affirmaient : " Quand en 1880, on construisit la ligne de chemin de fer, les fermiers s’opposèrent aux nuisances supposées de cette irruption insolite ! ". Médisances que tout cela …

    Et tans pis pour les scientifiques étymologistes, Onnezies ce sont les Leux. Pourquoi ? D’après, Monsieur Marc Coquelet, dans les années 1860, Onnezies comptait dans ses rangs un fervent joueur d’accordéon appelé Leleux qui, chaque dimanche, réunissait les jeunes et moins jeunes du village pour animer les quartiers. Il poussait souvent une pointe vers Autreppe à travers bois. Et ça faisait du bruit dans ce petit bourg voisin. Aussi, face à une telle animation, les gens d’Autreppe s’écriaient : " V’là les Leleux d’Onnezies ! " Et il n’en faut pas plus. C’est tout de même plus beau qu’une fausse explication scientifique.

    Aujourd’hui, si la rue de l’Abreuvoir est une des principales artères de la localité, c’est en rappel d’un ancien point d’eau aménagé où, jadis, les troupeaux se désaltéraient. Des techniques plus efficaces ont désaffecté – et désinfecté ! – l’endroit !

    Quant au Pigeonnier, il désigne une remarquable tour, unique vestige de l’ancien château féodal, et sauvée du néant par un remarquable travail de restauration. Mais les douces combles ont fui …

    Pour le reste, le village vaut surtout par ses nombreuses fermes de style, souvent très bien conservées, et ses nombreux sentiers (les fameux " piésintes " picards), charmants et discrets, qui lui sont autant de raccourcis ignorés par " l’étranger " !

    Ainsi, outre les rues typiques, un petit réseau de " sentes " parcourt un territoire habité dès le XIIème siècle. De même, alors que quelques kilomètres de bonnes routes relient Onnezies au Caillou-qui-Bique, la rue des Jonquilles puis la Grande Allée filent droit vers le site à travers les champs et le bois d’Angre !

    Par ailleurs, si l’église locale, dédiée à Saint-Pierre, a subi de multiples réfections qui atténuent son caractère ancien, le cimetière qui l’entoure présente, par contre, des tombes particulièrement vieilles. De plus, plusieurs chapelles disséminées revêtent un caractère historicosociologique indéniable.

    Sur la route d’Angre, c’est Saint-Roch qui se trouve honoré, consécutivement à la terrible épidémie de choléra de 1850. Vers Autreppe, c’est Saint-Pierre que l’on remercie pour une guérison personnelle. Mais, dans le village, Saint-Antoine et Notre Dame de Tongres et de Bonsecourt ont également des fidèles …

    Enfin, nous ne pouvons terminer cette trop courte présentation du village d’Onnezies sans évoquer le Cirque d’Onnezies. Unique dans la région, il a déjà formé des dizaines d’artistes sympathiques et talentueux qui ont réellement soif d’apprendre toutes les ficelles de leur passion à la rue … de l’Abreuvoir !